img_Cracker photoshop, c’est mal

C’est sans doute une question qui vous taraude chaque matin en ouvrant Photoshop : que se passerait-il si, par le plus grand des hasards et au mépris de tout sens moral, vous l’aviez cracké ?

Rien, sans doute. L’ironie veut qu’Adobe, qui avait ouvert dans les années 90 le marché de la retouche photo aux amateurs éclairés, se voit aujourd’hui régulièrement pillé par nous, les internautes sans conscience.

 

black man crying Cracker photoshop, cest mal

Cet ingénieur d’Adobe pleure. Et c’est de votre faute

 

 

Outre le fait que cracker un logiciel (c’est à dire appuyer sur un bouton ou deux) ne relève pas franchement de l’acte héroïque, la question qui peut se poser dans notre communauté pour moitié composée d’amateurs est la suivante : cracker est-il nécessairement répréhensible ?

 

Tout d’abord, petit historique de votre vie de graphiste en herbe. Ayant découvert Photoshop sur le PC de votre père à l’age de 8 ans, vous l’avez sans doute ouvert par curiosité, avant de tripatouiller à des outils auxquels vous ne compreniez rien. Le résultat, après maintes heures de labeur, a été quelque chose à mi-chemin entre l’immondice et un morceau électro de David Guetta.

Pire, les photos que vous aviez essayé de retoucher ne s’en sont jamais remises (ce qui vous apprendra à ne pas savoir utiliser correctement le tampon de duplication, mécréants).

 

 

 

bla4 Cracker photoshop, cest mal

Clairement, cette photo est bien meilleure après votre passage

 

 

 

Bref, ce premier contact n’était pas de votre faute. Et puis, à mesure que les nouvelles versions sortaient, ça vous a démangé. Ces merveilleuses vidéo de présentation, où il vous suffisait en apparence de cliquer sur deux boutons pour modifier parfaitement l’image…c’est sûr que ça donnait envie. Vous avez donc consulté les prix. Comme il vous manquait à peu près 2 500 euros, vous avez choisi de cracker Photoshop.

 

 

 

photoshop2 Cracker photoshop, cest mal

Si vous trouvez ça cher, c’est que vous y mettez quand même de la mauvaise foi 

 

 

 

A ce point du récit, et éblouis que vous êtes par ma clairvoyance, vous vous demandez sans doute si votre acte était fondamentalement mauvais. Était-ce un vol ou un emprunt ?

Cette question est récurrente sur internet, où le choix se pose toujours à nous : avoir gratuitement et illégalement, ou bien payer pour rester dans les clous. Sauf que le graphisme échappe à la règle. Il ne s’agit pas de musique par exemple, où l’on s’approprie irrémédiablement la création d’un autre.

La différence réside ici dans le fait qu’il y a évolution. Quand je télécharge une musique, je porte atteinte à ceux qui l’ont créée, sans moyen de revenir en arrière. Quand je cracke photoshop, je m’approprie le travail de centaines de personnes dont c’est le métier. Sauf que nous, amateurs, évoluons en même temps que le logiciel. Notre talent se développe, et après quelques années vient le moment du choix : être, ou ne pas être professionnel ?

 

 

Vous l’aurez compris, le graphisme est original parce que les vilains petits canards se voient offerts une chance de se racheter : payer sa licence, à l’aide de l’argent des commandes.

 

Il est intéressant de remarquer que si Photoshop n’avait pas été si facilement piratable, nous ne serions pas sur ce forum. C’est donc un acte amoral qui a donné lieu à une génération d’autodidactes, dont certains aujourd’hui vivent du graphisme.