Annecy 2012 : le festival du film d’animation
Cannes a beau attirer l’attention de tous les médias, il existe depuis quelques décennies, à coté du luxe, des paillettes et du tapis rouge un événement beaucoup plus intimiste, convivial et bon enfant : le festival international du film d’animation d’Annecy.
Créé dans cet esprit d’alternative à l’élitisme cannois qui n’a jamais voulu entendre parler d’animation, le festival d’Annecy accueille conférences, projections, rencontres, expositions… bref, un tas d’événements nous permettant de nous plonger pendant 6 jours dans ce monde fou qu’est l’animation !
Dans cette 36éme édition sont présentes une bonne cinquantaine d’oeuvres, en lice pour le Cristal du court métrage.
Parmi ces courts métrages, beaucoup d’engagement avec le film Sud Coréen de Jun-ki Kim. Il y raconte l’histoire d’une jeune fille qui pendant la seconde guerre mondiale est emmenée sur l’île de Java pour servir de « fille de joie ». La réalisation en 3D est assez déroutante, associée à l’histoire très dure de l’héroïne.
Beaucoup d’expérimentation aussi, des courts métrages étranges à l’image du « très » court film de Thomas Renoldner réalisé en stop motion. Il s’y met en scène dans des mini animations répétitives, le tout monté sur un son électro. Surprise et étonnement au rendez vous : cela est certain, il n’y a qu’à Annecy que l’on peut voir ce genre d’expérimentations projetées au cinéma !
Ce festival organise aussi une compétition pour les longs métrages, au nombre de 9. Elle reste dans le même esprit que celle des courts métrages : hétéroclite.
On y trouve des oeuvres engagées, comme le film franco-belge-coréen racontant l’histoire d’un petit asiatique se faisant adopter par une famille française, et qui aborde le thème du racisme, de l’intégration et plus largement, de l’enfance…
Des films plus légers sont aussi présents, comme le magnifiquement traité Voyage vers Agartha du japonais Makoto Shinkai. Il nous plonge dans un univers mi réel, mi fantastique, où une élève et son professeur s’en vont vers une humanité cachée dans un autre monde, Agartha, dans le but de ramener des êtres chers à la vie. Même si le scénario pèche cruellement par sa forte inspiration de l’univers Miyazaki (on y trouve une multitude de clins d’œil à son œuvre) et son côté parfois un peu trop mielleux, il se rattrape largement par le dessin, et plus particulièrement par ses paysages, qui sont tout simplement magnifiques !
Le festival, c’est aussi une vitrine et un lieu d’exposition pour les étudiants du monde entier. A l’honneur par exemple le jour de ma venue à Annecy, la California Institute of Art. L’école, qui depuis 40 ans s’intéresse à l’art et à l’animation organisait ce jour une projection proposant une sorte de resumé de l’évolution de l’animation, où l’on a pu voir les travaux des premiers étudiants comme ceux de la dernière promotion. Voyage dans le temps donc, en partant du travail à la main et son lot de superpositions de calques pour arriver au numérique, avec des couleurs, et des animation logiquement beaucoup plus fluides !
Mais en plus de ces catégories, on pourra aussi voir des films de commande (film commandé par un client, qui peut prendre la forme d’un clip, d’un documentaire…), des films de télévisions (comme les séries que l’on peut voir sur les chaines tv pour enfants) ou encore des films hors compétition, en avant première comme par exemple Madagascar 3.
Et histoire d’enfoncer le clou, au cas où vous ne seriez pas encore rassasiés, le festival propose des conférences à thèmes ainsi que des rencontres avec des artistes (énormément d’artistes dont les œuvres sont projetées sont présents. D’autres, comme les illustrateurs ont des stands de dédicaces… il y a donc le choix ! ).
Bref, le festival se veut vivant, dynamique et jeune, faisant la part belle à l’éducation. Une très bonne expérience à vivre, que se soit pour une journée ou plus, car même si le logement peut s’avérer un peu onéreux, les projections, en étant étudiant, ne le sont pas ! Cette année par exemple, toutes les projections auxquelles j’ai assistées étaient à 3,50€ … pour des séances de 80 minutes. Sans parler des projections faites sur l’écran géant placé dans le parc au bord du lac, en extérieur donc gratuit !
A noter parmi les récompenses cette année : « Le voyage de Monsieur Crulic » d’Anca Damian a obtenu le cristal du long métrage, « Couleur de peau: miel » est récompensé lui du prix du public, « Tram » de Michaela Pavlatova a lui reçu le cristal d’Annecy (court métrage) et « Kyrielle » de Boris Labbé reçoit le prix spécial du jury dans la catégorie « film de fin d’études ».
Le voyage de MR Crulic
Couleur de peau: Miel
Tram
Kyrielle



















Merci pour cet article bien complet, grosse claque visuelle pour « Couleur de peau : miel » pour moi aussi…
Super article! je vais regarder les vidéos dès que j’ai le temps
j’adore les courts métrages d’animation ^^
Ouai c’est vraiment génial ! Un vrai bonheur pour tous ceux qui aiment le cinéma d’animation, l’ambiance est super et les styles variés. J’aurai bien aimé avoir pu y aller toute la semaine
!
Idem que Kenji, j’ai été séduis par Couleur de peau: miel, il y a un fond ( même si ça deviens banal comme sujet, mais c’est toujours parlant) et visuellement j’adore !
Merci pour l’article, ce genre d’actu ça va me servir étant donné que je risque d’être en anim l’année prochaine.
Couleur de peau : miel a l’air franchement excellent =)